La SNCF ou la chronique d'un alcoolisme annoncé

13 juin 2013

Bref, j'en sais rien!

L’actu médiatique « faits divers » de la SNCF est riche en ce moment. Petit focus sur une bien triste histoire.

Les gens qui me connaissent savent que je suis en général assez tranchée dans mes avis , même si je sais bien tout n’est pas blanc ou noir et que les teintes de gris sont innombrables.

Mais là, je suis mitigée…

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 La SNCF porte plainte contre un suicidaire

Un jeune homme de 22 ans qui a tenté de se suicider en empruntant les voies ferrées est visé par une plainte de la SNCF pour "entrave à la circulation", selon "Le Parisien-Aujourd'hui en France".

La SNCF a porté plainte contre un jeune homme de 22 ans après qu'il ait tenté de se suicider en marchant sur les rails rapporte Le Parisien / Aujourd'hui en France ce mercredi 12 juin. L'entreprise lui reproche une "entrave à la circulation". Il risque jusqu'à deux ans de prison et 4.500 euros d'amende.

Le suicidaire marchait sur les voies ferrées à proximité de la gare des Mureaux (Yvelines) lundi dernier, lorsqu'il a été repéré par un contrôleur qui a donné l'alerte. "
Deux trains ont été supprimés et une trentaine ont été retardés" suite au déclenchement du principe de précaution explique au quotidien un porte-parole de la société de transports, affirmant néanmoins qu'il y a "un aspect humain dont il faut tenir compte".

Aux secours et à la police, qui l'ont rattrapé 40 minutes plus tard, le jeune homme a avoué souffrir "d'une peine de cœur".

Les suicides, un fléau pour la SNCF

La SNCF invoque "des milliers de personnes pénalisées" pour justifier son attaque en justice. Elle compte donc reproduire cette décision "systématiquement" pour de tels comportements.
En novembre dernier alors qu'il passait devant une commission de l'Assemblée nationale, Guillaume Pépy, le PDG de la SNCF, évoquait des "chiffres catastrophiques" causés par les tentatives de suicide sur le réseau ferroviaire. Le nombre d'actes désespérés aurait augmenté selon lui de "30% en 2012".

Du côté des usagers, le dépôt de plainte est exagéré : "Quelqu'un qui se suicide est déjà dans la détresse. C'est un véritable scandale", dénonce Christine au micro de RTL. Janine, une autre habituée de cette ligne, estime que les passagers "devraient déposer plainte lorsqu'il y a des retards ou des grèves sans préavis"

 

Les accidents de personnes, ou les incidents graves de voyageurs comme on les nomme, sont un véritable problème pour tous les voyageurs quotidiens. Lequel d’entre nous n’a jamais attendu des heures, coincé, au mieux dans une gare, au pire dans un train au milieu de nulle part,  en plein soleil (et sans clim puisque dans ces cas-là, l’électricité est coupée) à cause d’un suicide ? Je ne sais pas si c’est propre à la région parisienne, ou si toutes les régions sont touchées de manière égale, mais entre le métro, le RER et le TER, c’est au moins 5 ou 6 fois par an pour moi. Et à chaque fois c’est 2h dans la vue au minimum… A multiplier par le nombre d’usager d’une ligne, ça commence à faire. Je dois bien avouer que côté SNCF, je comprends la démarche. Cela coute perturbe tout le réseau, et parfois, cela implique également la circulation des TGV. Le bilan financier doit représenter des sommes astronomiques, et comme toute entreprise, elle se doit de lutter contre le phénomène dans la mesure du possible, cela n’est que pragmatisme, et indépendant de l’aspect humain.

Cela étant dit, comment ignorer la détresse de quelqu’un sur le point de mettre fin à ses jours, qu’importe la raison qui le pousse à le faire. Est-il nécessaire d’ajouter à la douleur une plainte qui va clairement se transformer en pot de terre contre pot de fer ? Je n’en suis pas sure. Et la menace de la prison ou de l’amende pour un suicidaire décidé à mener au bout son projet n’aura aucun effet dissuasif.

Si la RATP a trouvé quelques solutions en mettant des systèmes qui empêchent d’accéder aux voies, et ne s’ouvrent qu’en présence d’un métro, on comprend bien que le modèle n’est pas reproductible à la SNCF.

Je suis partagée, et resterais probablement dans des nuances de gris sur ce sujet…

 

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12 juin 2013

Carglass répare, Carglass remplace... à prix d'or!

Il y a quand même des jours où je m’interroge sur la nature humaine, et particulièrement sur une partie de l’espèce humaine qui bosse à la SNCF. Ma grande question est : sont-ils drogués ou secrètent-ils naturellement des substances ? Et là, j’ai une pensée toute particulière pour un(e) juriste qui s’est dit qu’il était judicieux de poursuivre dans la voie d’un contentieux, et d’alimenter un avocat en ce sens.

L’histoire, la voici, directement tirée du journal Sud-Ouest :

Enfermé dans un train, un jeune Oloronais casse une vitre... la SNCF lui a réclamé 14000 euros

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Le garçon de 20 ans ne se réveille pas à l'arrivée en gare d'Oloron. Enfermé dans le train, il finit par casser une vitre et se retrouve poursuivi en justice. L'affaire dure un an.

                       

Le garçon s'est réveille en gare d'Oloron, seul et dans le noir (DR)

C’est une affaire ubuesque dans laquelle s’est retrouvé embarqué un Oloronais de 20 ans, avant d’être enfin entendu par la justice. Le 4 avril 2012, Julien rentre chez lui, après une journée de travail. Le garçon est en stage à Tarbes et fait les allers et retours depuis son domicile en train. Fatigué, il s’endort dans le TER. Un simple roupillon qui va lui valoir une année de cauchemar.

Tombé dans un sommeil profond, Julien ne se réveille pas à l’arrivée à Oloron-Sainte-Marie, le terminus, où personne ne le secoue pour le tirer des bras de Morphée. Ce n’est que vers 20 heures que l’apprenti épuisé reprend ses esprits.

 

C’est le début des ennuis. Car Julien découvre qu’il est enfermé. Plongé dans le noir et entièrement vide, le wagon a été conduit sur une voie de garage cachée derrière des entrepôts. Le voyageur abandonné garde toutefois son calme et appelle le « 17 » avec son portable. Des gendarmes sont envoyés sur les lieux pour le libérer.

Mais les militaires tardent. Ils butent sur des grilles qui empêchent l’accès à la rame et doivent attendre l’arrivée de l’agent SNCF d’astreinte pour pouvoir s’en approcher. Près de deux heures se sont écoulées lorsque le jeune garçon, claustrophobe et asthmatique, sent la panique monter et une crise poindre alors qu’il ne voit toujours personne à l’horizon. Il finit donc par se saisir d’un marteau brise-vitre et s’attaque à l’une des fenêtres.

Ceux qu’il prend pour ses sauveurs débarquent sur ces entrefaites. Mais ne libèrent qu’un instant le pauvre hère… qui est placé en garde à vue pour « dégradations volontaires » !

La SNCF n’y va pas avec le dos de la cuillère, porte plainte et réclame près de 14 000 euros pour les réparations. Déjà condamné une fois par le passé pour un délit mineur, Julien est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Pau par le parquet. La sentence tombe le 20 août 2012 : le jeune Oloronais écope de deux mois de prison avec sursis et doit verser la somme à trois zéros réclamée par la partie civile.

« L’état de nécessité »

« On s’est retrouvés sur le banc des prévenus alors que c’est la SNCF qui a failli à ses responsabilités, en ne vérifiant pas que plus personne ne se trouvait dans le train », dénonce Me Camille Lacaze. La défenseure du voyageur oublié n’en reste pas là et fait appel.

L’affaire arrive devant la cour le 2 avril dernier. L’avocate plaide l’état de nécessité, un motif de relaxe très rarement suivi par la justice qui trouve cette fois-ci un écho positif auprès de l’avocat général. Il requiert en ce sens. La cour lui emboîte le pas dans un arrêt rendu voilà quelques jours, le 30 mai : l’infortuné dormeur est relaxé et la SNCF est déboutée de toutes ses demandes.

« Il incombait au contrôleur du train de vérifier l’état d’occupation des wagons destinés au transport de voyageurs et de réveiller le prévenu, ce qu’il s’est abstenu de faire », notent les magistrats dans leurs attendus. En outre, rappellent-ils, Julien a mis en œuvre tout ce qu’il pouvait pour sortir, sans casse, du train.

« L’infraction poursuivie a été justifiée par l’état de nécessité dans lequel s’est trouvé le prévenu d’éviter une atteinte à sa santé pouvant avoir des conséquences graves dans un lieu confiné », concluent-ils. Une juste remise sur les rails.

Déjà, on peut s’interroger sur l’excès de zèle dont a fait preuve un agent de la SNCF pour qu’une plainte soit déposée contre ce passager, mais surtout je reste ébahie devant le fait qu’il ait été suivi en ce sens par sa direction, par un procureur, par un ou des juristes internes et qu’un avocat ait même soutenu le truc !

Mais, pire que tout, on peut se demander si les vitres des trains sont dorées à l’or fin ! Certes, j’entends qu’il ne faut pas laisser les utilisateurs dégrader les trains, certes j’entends que les vitres de trains puissent couter cher, certes j’entends…blablabla… Mais 14 000€ pour une vitre ? A ce prix-là, j’vais m’faire carglass du train moi !

Et là, on touche le fond, un magistrat professionnel entérine le truc. Pour rappel, en droit pénal français, le principe est l’individualisation de la peine. Cela signifie que pour prononcer la condamnation, le juge est censé prendre en compte tous les paramètres, comme les moyens que ce jeune homme a mis en œuvre pour sortir du train, son état de santé, son salaire etc. 14 000€ pour un stagiaire qui a paniqué en ne voyant toujours pas l’aide arriver alors même qu’il patientait depuis plus de 2h00.

La cour d’appel a bien entendu rendu justice à ce voyageur, mais il lui en aura couté un an de procédure, des frais d’avocat et surement quelques mois d’angoisse face à cette somme astronomique au regard de ses revenus de stagiaire. La véritable question réside encore une fois dans l’obligation de la SNCF d’assurer la sécurité de ses voyageurs, et on se demande dans quelle mesure ce n’est pas cette grande maison qui aurait dû être poursuivie pour n’avoir pas répondu, une fois de plus à cette obligation (de résultat, rappelons-le !).

Il y a quand même des jours où je me demande si ils ne vont pas faire rouler les trains sur le toit tellement ils sont parfois capable de marcher sur la tête !

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27 mai 2013

Parfois, la SNCF...

Parfois…

Voyager avec la SNCF est pourvoyeur d’émotions, souvent contradictoires mais toutes bien réelles.

Parfois la SNCF m’émeut, comme avec cette jolie histoire d’une vieille dame qui s’est trompée de TGV. Toute paniquée et affolée en se rendant compte de son erreur, elle a eu la chance d’être à la fois entourée de voyageurs qui ont su l’accompagner pour trouver le bon interlocuteur dans le train, d’avoir rencontré un chef de bord qui s’est mobilisé pour elle, et d’avoir bénéficié d’une heure de pointe qui a permis de faire arrêter un TGV pour qu’elle retrouve sa voie (huhu… si ça c’est pas du jeu de mots de compèt’ !) http://www.franceinfo.fr/societe/deux-tgv-s-arretent-pour-aider-une-passagere-qui-s-etait-trompee-de-train-983861-2013-05-11

Souvent la SNCF m’agace, comme ces matins où rien ne va, où tous les trains sont en retard de 10 minutes parce que dès 6h, ils n’ont pas été capables de faire partir un train à l’heure.

Par moment, elle me révolte comme quand un contrôleur fait du zèle et verbalise un voyageur qui a son abonnement de travail mais pas son attestation employeur, alors même que tous les wagons sont pleins à craquer et que nous voyageons évidemment debout.

Quelques fois, elle suscite mon respect, notamment quand je croise des agents passionnés qui mettent toute leur énergie au service de leurs clients, quand tant d’autres leur mettent des bâtons dans les roues.

Et plus rarement, elle me fait rire, comme ici :

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Pas sure que le rédacteur garde son poste bien longtemps, mais pour le coup, ça a contribué à égayer ma journée.

 

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13 mai 2013

Du principe fondamental de la chimie

Tada!! Voici le retour du retour!

Après un longue pause bébé qui a pris fin en janvier, j'ai eu peu de temps pour alimenter ce blog. Puis courant mars, une nouvelle future longue pause s'est dessinée, qui avait vocation à se prolonger jusque septembre. Elle s'est finalement transformée en un long et appréciable mois de vacances, pour prendre fin aujourd'hui avec la reprise d'un nouveau job.

Comme tout le monde, le premier jour, j'ai pris quelques précautions: faire en sorte que mon petit paquet soit déposé chez la nourrice par d'autres soins que les miens, et prendre un train plus tôt pour arriver un peu en avance. Mais ça, c'était sans compter les retards, pourtant habituels, mais que j'avais espéré inexistants pour une fois.

Ce soir, je suis à l'heure mais debout... Une journée classique en fait... Et je me suis souvenue d'un principe de base en chimie: rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme! Pas de doute, la réaction chimique en faveur des voyageurs n'a pas eu lieu, les voyageurs debout le sont restés, les trains à l'heure ne se sont pas crées, et les conditions de voyage ne se sont pas transformées...

La bonne nouvelle? Je vais avoir de quoi continuer d'alimenter ce blog :)

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21 février 2013

Minipouss ou géant vert?

De l’art de se faire comprendre. Entre SNCF et ses clients, usagers, moutons, pigeons, bestiaux (rayer les mentions inutiles), il va falloir bientôt installer un traducteur. Depuis qu’un (ou plusieurs, car vu le bordel ambiant, on ne pas imaginer qu’un seul individu en soit l’auteur) brillant cerveau a établi les fréquences des trains selon un cadencement quasi parfait, nous souffrons. Nos trains sont en retard, ils sont aléatoirement composés, les contrôles se sont transformés en inquisition, et le niveau d’information tend vers moins l’infini.

Vous souvenez vous des minipouss, ces petits personnages qui évoluaient dans un univers complètement disproportionné ? Les précurseurs de « Chérie j’ai rétréci les gosses » vivaient dans un monde bien trop grand pour eux, et plusieurs d’entre eux pouvaient tenir dans la main d’Eric, leur complice humain. Depuis le début du cadencement, nous rêvons d’être Charlie Mini, Lucie Mini ou Grand-Pa Mini, et de trouver des trains bien trop grands nous. Nous l’avons évidemment exprimé à nos interlocuteurs SNCF, nous l’avons dit, écrit, bloggé, hurlé, chanté. Nous avons naïvement pensé que nous avions réussi à nous faire comprendre… Candeur, innocence ou sottise, toujours est-il qu’il semble que nous ne nous soyons pas fait comprendre. En guise de minipouss, nous sommes devenus des géants verts au milieu d'un minuscule champs de maïs.

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De notre demande de trains plus capacitaires, la SNCF a vraisemblablement compris que nous réclamions chaleur, proximité et promiscuité. Je sais qu’importe peu ce que nous avons voulu dire, l’essentiel résidant dans ce que l’autre comprend, mais tout de même. Un Google traduction ou autre reverso aurait été bien nécessaire. Et c’est ainsi que nous voyons nos trains rétrécir comme un pull en cachemire au sortir d’un sèche-linge en cycle « sèche moi ses serviettes, et plus vite que ça »

Un train normalement composé aux heures de pointes ressemble à ça :

 

Sauf que depuis quelques temps nous avons plutôt le droit à ça :

 

Voir à ça :

 

Vous voyez le probleme? Si quelqu'un connait un bon traducteur clients vs SNCF, pour leur expliquer que dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait eu ENCORE un malaise d'une dame lundi soir...

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20 février 2013

Très cher Paul

Bonjour, bonjour,

Je ne peux pas résister, sans doute mon esprit de contradiction. Hier, j’ai reçu un charmant commentaire de Paul, que j’ai publié mais auquel je souhaite répondre publiquement. Je pense que vous tous, usagers du quotidien pris pour des moutons, apprécierez.

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« Si tu sais que ton train est en retard... Prends en un autre. Mieux, si tu ne veux plus prendre le train, prends ta voiture et arrête de geindre. Mieux encore, si t'as peur que ta twingo se fasse emmener à la fourrière parce que tu n'as pas envie de mettre 4 sous dans le parcmètre, prends un taxi. Et si malgré tout ça, tu ronchonnes toujours parce que force est de constater que tu es difficile a satisfaire (une frigide de la SNCF), change de boulot, et trouve-toi quelque chose à côté de ta maison de petite bourgeoise. Un petit boulot dans l'administration t'irait à merveille.
Avant que tu ne sois outrée par le tutoiement, je tiens à te dire que j'ai autant de respect pour toi que toi tu en as pour les agents SNCF qui sont des gens comme n'importe qui mais que tu prends horriblement plaisir à rabaisser à longueur de journée. Arrêtons de se croire supérieure aux agents SNCF, hein. »

Je vais donc me munir de ma plus belle plume et y répondre.

Très cher Paul,

C’est avec plaisir et ravissement que j’ai pris connaissance de votre commentaire ci avant exposé. Je vais m’efforcer de vous répondre point par point, en m’efforçant d’être exhaustive. Mais je tiens tout d’abord à commencer par la plus élémentaire des politesses, et vous saluer d’un bonjour, notion qui semble pour le moins vous avoir échappé.

Sur votre message :

-  « Si tu sais que ton train est en retard... Prends en un autre » : je me dois de vous exposer deux faits fondamentaux qui entrent en ligne de compte. D’une part, (tout comme vous je suppose), je travaille. Ce qui signifie, en substance, que je me dois de remplir mes obligations professionnelles avant de rentrer chez moi, et que je n’ai donc pas la latitude de prendre un train au beau milieu de la journée pour espérer rentrer chez moi à une heure décente. Le second point qui semble vous échapper, c’est que la majorité des trains de ma ligne présentent des retards plus ou moins significatifs mais néanmoins quotidiens, et qu’en conséquence, même si je modifiais mes horaires et mon rythme de vie, je n’en serais pas moins en retard pour autant. Je me vois donc dans l’obligation de conclure que votre suggestion est inopérante.

 

- « Mieux, si tu ne veux plus prendre le train, prends ta voiture et arrête de geindre. Mieux encore, si t'as peur que ta twingo se fasse emmener à la fourrière parce que tu n'as pas envie de mettre 4 sous dans le parcmètre, prends un taxi. » Mais enfin Paul, quid de votre conscience écologique ? Vous n’y pensez pas ? A l’heure où la planète entière semble se mobiliser pour l’avenir de notre belle Terre, où tout nous pousse à prendre les transports en commun, ou la SNCF installe des poubelles de tri sélectif sur ses quais, vous me suggérez de prendre ma voiture ? Je dois bien avouer que cela me navre. Outre ces considérations purement éthiques, je vous informe que je ne roule pas Renault, le risque de rentrer à vélo est bien trop élevé, et je ne vous apprendrai rien en vous disant que faire du vélo sur l’autoroute est strictement proscrit par la loi. Au-delà de tout cela, je reconnais bien ici le discours médiocre d’un agent qui considère depuis fort longtemps que les usagers ne sont pas des clients, que le prix qu’ils payent chaque mois ne leur donne pas droit pour autant à un service de qualité (même moyenne, nous nous en contenterions en ce moment !) Fort heureusement, les interlocuteurs SNCF que j’ai depuis quelque temps ont une mentalité bien différente et s’acharnent à tenter de rectifier le tir. Quand ils m’expliquent leur difficulté à faire parfois évoluer les mentalités, à faire intégrer la notion de clients, et qu’ils doivent finalement se battre sur tous les fronts, je ne peux que compatir à leurs difficultés devant la superbe démonstration que vous venez de me faire. Je vous invite à suivre de plus près le blog de la ligne, tenu par Monsieur Le Calvez, qui met, lui, toute son énergie à tenter d’améliorer le fonctionnement au quotidien et comprend la colère de ses clients. Si par capillarité vous pouviez être alimenté de sa volonté, il resterait un espoir pour vous.

 

- « Et si malgré tout ça, tu ronchonnes toujours parce que force est de constater que tu es difficile a satisfaire (une frigide de la SNCF), change de boulot, et trouve-toi quelque chose à côté de ta maison de petite bourgeoise. Un petit boulot dans l'administration t'irait à merveille. »  Encore une fois, je me vois contrainte de vous contredire. Il n’y a pas de femme frigide mon très cher Paul, il n’y a que de mauvais amant. Et force est de constater que si la SNCF était un amant, en ce moment, j’aurais amplement de temps de compter les tâches au plafond, d’inventorier les fissures de la chambre, et de me dire qu’il est temps de changer le literie. Et oui, la bourgeoisie a ceci de précieux qu’elle offre les moyens de faire les travaux nécessaires quand l’ennui prend le pas sur la plaisir, ne vous en déplaise. Quant à votre formulation d’un, je cite, « petit boulot dans l’administration », je crois y percevoir un semblant de dédain. Vous sentiriez vous donc supérieur à nos fonctionnaires ? Non, impossible, les leçons que vous me donnez vous placent évidemment bien au-dessus de ces basses considérations n’est-ce pas ?

 

- « Avant que tu ne sois outrée par le tutoiement, je tiens à te dire que j'ai autant de respect pour toi que toi tu en as pour les agents SNCF qui sont des gens comme n'importe qui mais que tu prends horriblement plaisir à rabaisser à longueur de journée ». Une fois n’est pas coutume, vous m’étonnez grandement. Pour ma part, je respecte bien plus les gens que je tutoie (à commencer par mon mari, ma fille, mes parents, mes amis…) que ceux que je vouvoie volontairement. Le vouvoiement a ceci d’intéressant qu’il permet de maintenir une distance nécessaire, voir vitale, avec les individus toxiques, agressifs, ou sans contenu qu’il est donné à tout à chacun de rencontrer. Alors je vous en prie très cher Paul, n’hésitez pas, et tutoyez moi, je ne saurai m’en offusquer. Quant aux agents SNCF, je ne peux que stigmatiser les incapables, les vindicatifs et les frustrés, et je ne peux qu’encourager et compatir avec les volontaires, les professionnels, et les impliqués.

 

- « Arrêtons de se croire supérieure aux agents SNCF, hein ».  La supériorité est une notion qui peut être bien subjective. Votre mépris pour les usagers mécontents, votre sexisme ordinaire qui consiste à me qualifier de frigide (je doute que vous auriez usé de ce vocabulaire en vous adressant à un homme) ou votre qualificatif de « petit boulot dans l’Administration » pourrait tendre à démontrer que vous vous sentez également supérieur à vos clients, aux femmes ou aux fonctionnaires. Pour ma part, je n’ai pas de problème avec les agents SNCF, seulement avec les incompétents, peut-être simplement êtes-vous les deux à la fois et ne faites donc pas la distinction, pourtant, je vous assure, les bonnes volontés existent à la SNCF.

 

Bien à vous,

Tagada60 (dont le train a été à l’heure ce matin, ça valait le coup d’être dit)

 

Ps : je vous joins un article du figaro qui démontre que les frigides ont tendance à se multiplier…

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 Edit: Très cher Paul, que vous ne souhaitiez pas dévoiler votre identité est une chose tuot à fait légitime, mais vous auriez pu saisir une adresse mail valide...

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19 février 2013

Souriez, vous êtes photographiés!

Après une semaine d’enfer, des trains en compo réduite, des retards à n’en plus finir, nous avons eu pour la première fois des trains à l’heure, hier soir et ce matin : 2 trains à l'heure, 2 contrôles.  La SNCF est tellement fière d’être incroyablement performante qu’elle a  l’audace de vérifier que son bétail de client respecte bien lui aussi sa part du contrat, à savoir payer !

Hier soir, arrivée à Creil, les contrôleurs nous attendaient à la sortie des escaliers, accompagnés bien évidemment de la SuGe.  Je suis désolée pour les agents SuGe avec qui j’ai échangé ces derniers temps, mais je suis ENCORE tombée sur un abruti… ça devient lassant.  Soit il y a un nid à Creil, soit j’ai réussi à avoir un échange avec les seuls agents de la SuGe équipés d’un cerveau en état de fonctionnement.

Les contrôleurs créent forcément un bouchon dans les escaliers en nous empêchant de nous en extraire pour contrôler nos précieux titres de transport. Je dégaine mon téléphone, et clic clac Kodak, je prends la photo suivante :

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Sauf que, comme nous sommes de grands délinquants, des bandits de grand chemin, de la graine de voyou qui osons vouloir rentrer chez nous à l’heure après une journée de dur labeur, doublée d'un trajet pour le plus souvent chaotique, il y a des agents Suge postés autour des escaliers, derrière vous, en hauteur pour vous surveiller (tout en haut à gauche de la photo). Et comme je ne marche ni avec le nez en l’air, ni avec des rétros, je n’ai pas vu arriver le petit sournois au-dessus de mon épaule :

-          Madame, vous savez que les photos sont interdites ? (alors d’abord, tu pourrais dire bonjour, bonsoir, hello, hi ou tout autre civilité d’usage quand on s’adresse à quelqu’un pour la première fois de la journée)

-          Non, ce qui est interdit, c’est de faire un usage public de l’image de quelqu’un sans son avis

-          Et vous allez en faire quoi ? (en fait j’ai été super tentée de lui répondre kessapeutfout’, mais je devais aller chercher ma fille, et entre passer un quart d’heure avec elle, ou perdre un quart d’heure à palabrer avec mon interlocuteur, j’ai bien vite fait le choix. Il aurait fallu que je lui explique que les photos amateurs étaient autorisées, que je lui fasse un cours sur le droit à l’image, toussa toussa…, tâche bien trop âpre pour un lundi soir)

-          C’est pour mon usage personnel

-          Et vous allez en faire quoi? (bis repetita)

-          Je collectionne les photos des agents de la SuGe (en tendant négligemment mon titre de transport au contrôleur qui s’est également abstenu de dire bonjour au passage)

J’aurais pu espérer que ma réponse lui arracherait une esquisse de sourire mais non, que dalle ! Le contrôleur s’est écarté, le Sugeman a fait mine de se diriger vers moi, il s’est retrouvé coincé par les usagers excédés qui voulaient rentrer chez eux, il a renoncé.

D’abord, ce n’est pas lui que j’ai pris en photo, ensuite il va falloir que quelqu’un explique à la SuGe qu’avec les smartphones, aujourd’hui, tout le monde photographie tout, tout le temps et que finalement, seul l’usage final compte, au nom d’un truc prévu par le code civil, qui s’appelle le droit à l’image. Que la SNCF tolère depuis longtemps les photos prises par des amateurs, parce qu’ils ont bien compris qu’avec le développement du numérique, ils n’y pouvaient rien faire de toute façon. Enfin, il n’a vraiment rien d’autre à foutre que de courir derrière quelqu’un qui vient de prendre en photo une foule de dos, de nuit, avec un smartphone et en mouvement (ce qui laisse présager de la photo de haute qualité !).

Vivement les prochains contrôles… pour peu que ce jour-là, le train soit en retard…

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14 février 2013

TER vs RER: victoire par KO

La SNCF et moi on ne se quitte plus. Non contente de prendre le TER, j’enchaine ensuite avec le RER E, lui aussi exploité par la SNCF… et je me demande souvent si c’est bien de la même SNCF dont on parle.

La version TER c’est :

Capture

-          La moitié des trains en retard (à la louche !)

-          Des trains bondés alors qu’ils ne sont pas prévus pour accueillir des passagers debout

-          Une information parfois aléatoire

-          Souvent pas d’information du tout

-          Des trains qui s’arrêtent  ou ralentissent en pleine voie sans la moindre forme d’explication

-          Des agents SNCF qui se planquent quand il y a un problème (faudrait pas devoir répondre aux usagers quand même)

-          Des contrôleurs qui squattent un compartiment de 6 places alors que les clients sont debout dans les couloirs

-          Des chefs de bord qui bien souvent ne prennent même plus la peine de s’excuser pour le retard (quoi ? Ah bon ? On est en retard ? Vraiment ? Plus que d’habitude ? Ah ben non, on est dans le ¼ d’heure habituel, je ne vois pas pourquoi on s’excuserait…)

La version RER E c’est :

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-          Simone qui nous annonce des perturbations (assez rares il faut bien l’admettre)

-          Nathalie ou Roger qui annonce le prochain train au départ, en boucle toutes les 2 ou 3 minutes

-          Un train au départ qui correspond très exactement à celui qui vient d’être annoncé par Nathalie ou Roger

-          Une régulation qui permet à Jean Pierre ou Martine de nous annoncer que le train qui arrive est plein à craquer mais que suit, 2 minutes plus tard, un train quasi vide

-          Un train quasi vide qui arrive effectivement 2 minutes plus tard, et des usagers qui ont donc attendu sereinement qu’il arrive, sans se marcher dessus.

-          On voit y parfois des contrôleurs, pas nécessairement équipés d’un SuGeman par personne. On y croise d’ailleurs assez rarement la SuGe en fait.

Et donc la véritable question que je me pose à l’intérieur de moi-même c’est pourquoi ? Pourquoi la SNCF est capable de faire circuler des RER plutôt bien, alors qu’il y a un train toutes les 2 ou 3 minutes, et qu’ils sont dans le même temps, incapables de faire circuler des TER dans de bonnes conditions ? Parce que, si on râle sur les TER Picardie, il faut bien se rendre compte que la situation est la même quasiment dans toutes les régions. Donc oui, les gares parisiennes débordent, les infrastructures deviennent insuffisantes pour accueillir le nombre croissant de passagers, mais je doute que la gare de Limoges soit dans le même cas, et pourtant la SNCF n’est guère plus performante à Limoges qu’à Paris.

Si un responsable de la SNCF passe par là, et qu’il a, ne serait-ce qu’un début de commencement de bout de réponse, je suis preneuse !

Dans un autre registre, le collectif SNCFvamtuer vient de lancer un questionnaire d’insatisfaction que je vous encourage vivement à remplir, relayer, diffuser. Plus il y aura de réponse, plus cela sera exploitable.https://www.sondageecho.com/Echo/Questionnaire/1344/62-Questionnaire_insatisfaction_TER_Picardie-1

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11 février 2013

Je suis venue te dire que je m'en vais

A quelques jours de la St Valentin, alors que fleurissent cœurs et roses rouges dans toutes les vitrines, certains ont choisi ce moment précis pour rompre.

Vous n’aurez probablement pas pu passer à côté de cet usager qui a adressé, via facebook, une lettre de rupture à la SNCF : au moins aussi efficace que de changer son statut de « en couple » à « célibataire ».

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« Très chère SNCF

Cela me déchire le coeur, mais il faut que je vide mon sac.

Voilà 4 ans que notre relation dure. On a eu des plats et beaucoup de bas. Jamais de haut. Sauf si l'on considère qu'arriver dans les temps, ou avec moins de 5 minutes de retard, est une bonne nouvelle.

4 ans que j'ai choisi que notre relation serait basée sur un abonnement Optiforfait. Plus simple à gérer, facile à ranger, pas de compostage à réaliser. C'est pratique.

Mais voilà, chaque année, depuis 4 ans, tu insistes pour me faire payer un peu plus. Quand je reçois ta missive m'annonçant la douloureuse, je regarde l'année écoulée en me demandant ce qui peut bien justifier cette hausse.

- Une meilleure qualité de service ?
- une régularité et une ponctualité sans faille ?
- Des bonus, des réductions, des mois offerts en première classe, un aller-retour offert pour une destination de mon choix ?
Non, rien de tout ça. Rien de rien.
Je vois plutôt des retards, des conditions de voyages inconfortables, assis sur des marches ou sur la moquette. Et encore pas sur la moquette de première classe. Non cet honneur est réservé aux seuls passagers disposant de titres de première.

J'ai arrêté de compter depuis bien longtemps le temps de vie que tu volais à mes employeurs, clients, amis ou enfants, en me gardant plus que prévu dans tes wagons. Et combien cela m'a couté en frais de BB sitter parce que tes trains avaient 20, 30, 60 minutes de retard, voire plus.

J'ai discuté avec certains de tes vieux ou ex clients, qui bénéficiaient d'abonnements d'anciennes générations, qui eux voyaient le coût baisser en fonction de leur ancienneté. Choses qui a été stoppé a priori.

Serais-tu l'une des rares entreprises à récompenser la fidélité en faisant payer chaque année un peu plus ?

Donc, voilà, ce petit mot pas doux pour te dire que toi et moi, on se sépare et on ne restera pas bons amis. Bien sûr, par la force des choses, je serai contraint de passer ponctuellement par toi, mais je t'assure que le coeur n'y sera pas.

Je ne t'embrasse pas

Un abonné Rouen / Paris »

Le community manager de la SNCF s’est fendu d’une réponse plutôt drole, même si, sur le fond, elle ne change malheureusement rien à la donne :

« Cher Xavier,
Cette lettre de rupture n’a rien d’un mot doux, certes, mais elle est écrite avec le cœur et me touche donc particulièrement. On dit que l’amour dure 3 ans… Et pourtant, nous avions réussi à attiser la flamme 4 ans durant. Mais au bout de tant d’années, je comprends ta lassitude… Tu auras sans doute du mal à me croire mais chaque jour, j’essaie de m’améliorer, de satisfaire tes attentes du mieux possible… Malheureusement, les aléas de la vie (météo, incidents mécaniques ou voyageurs, travaux pour la rénovation des voies…) font que je peine à t’apporter un service fiable à 100%.
Je comprends également que tu te demandes pourquoi les tarifs évoluent, sache que cette décision a été très difficile pour moi, surtout en période de crise, mais c'est justement la qualité de service parfois très moyenne sur certaines lignes comme la tienne, qui justifie de gros investissements et donc des augmentations tarifaires. Ces dernières sont d’ailleurs validées par l'Etat et n'ont pas pour objectifs d'augmenter d’éventuels bénéfices (comme certains peuvent le croire) mais bien d'investir là où les situations sont les plus difficiles. Malheureusement ces grands travaux coûtent cher et il est vrai prennent beaucoup de temps.....mais c'est tout de même 3000 km de ligne à rénover entre 2012 et 2017!


Mais parce que je veux être complètement transparente avec toi, je t’explique ici
 http://www.sncf.com/sites/default/files/cp_01_investissements_et_evolution_tarifaire.pdf  comment cet argent est investi pour améliorer ton quotidien.

Peut-être que si l’on communiquait davantage toi et moi, nous arriverions à dépasser tous les problèmes que tu évoques et qui malheureusement, me desservent auprès de toi et de bien d’autres. C’est pourquoi je compte sur toi, une fois les rénovations terminées , pour me remonter tes impressions au quotidien ici http://www.intercites.sncf.com/contactez-nous
Sache que de mon côté, je ne suis pas prête à tourner la page et que malgré tout, je m’efforcerai de faire mieux afin de te plaire à nouveau. Malgré tous les travers que tu soulignes, j’espère que tu retiens quand même quelques bons moments, c’est pourquoi, je préfère te dire « à bientôt »
SNCF »

L’échange a continué

« Tu as pris le temps de me répondre, c'est déjà une bonne chose. Pendant ces quelques jours passés, j'ai cru que tu faisais la morte et que tu ne répondrais pas, comme bien souvent.

Ceci dit, cela ne change rien à la fin de notre histoire.
Effectivement, tout n'est pas noir entre nous. Tu m'as redonné le goût de la lecture et parfois de la sieste. Mais pour moi ce n'est pas suffisant. Je suis comme Sego, j'aspire à un contrat gagnant / gagnant.

Tu m'en demandes toujours plus et même si c'est pour notre bien, à ce jour, je n'en vois pas les bénéfices. Certes, Rome ne s'est pas faite en un jour.

J'ai peur que lorsque tu auras enfin montré des signes de ta bonne volonté, je sois trop vieux.
 »

S’en est suivie une battle musicale dont je laisse à chacun une libre appréciation (j’ai pour ma part, comme un problème à écouter Jean Pierre François…)

Toujours est-il qu’au-delà du buzz, et de la forme plutôt sympathique de cet échange, j’ai envie de dire à Xavier : mais commmeeeeeeeeeeeeeeent t’as fait ??? Moi aussi je veux trouver un job qui me permette de rompre avec la SNCF sans retour possible (ou à la limite, pendant quelques heures à l’occasion des vacances), moi aussi je veux tromper le train avec ma voiture… mais quand on fait Creil / Paris (genre, le coin des Champs en plus), c’est totalement inenvisageable, au risque de retrouver (au mieux) sa bagnole à la fourrière avant même de l’avoir garée ! Xavier, je dois te le dire ouvertement, et sans honte, JE SUIS ATROCEMENT JALOUSE ! (je sais, c’est moche !)

Et je crains que ce ne soit pas en passe de s’arranger… comme tous les matins, ce matin, je suis arrivée en retard, avec un train qui ne s’est pas contenté de partir en retard, mais s’est également trainé sur tout le trajet.

Les statistiques de ce début d’année sont catastrophiques. On nous avait promis un grand cru 2013, nous n’avions probablement pas perçu le second degré de cette annonce grandiloquente. Les renardettes de SNCFvamtuer ont tenu, fidèles à elles-mêmes, les statistiques et quand je les ai vues, j’ai eu envie de pleurer : le matin affiche sur le mois de janvier une régularité de 51% en janvier, oui oui, 51% de trains à l’heure. Pas un seul matin de janvier n’a connu de zéro retard, et 7 trains ont été supprimés (un train supprimé n’est, par définition, pas en retard et ne rentre donc pas dans les stats SNCF). Pire, la moyenne des retards est de 7 minutes par train (si on compte les trains à l’heure) et de 14 minutes sur les trains en retard. Comme ce sont presque toujours les mêmes trains qui sont en retard, on imagine assez bien que les passagers qui perdent 14 minutes chaque matin craquent : 14 minutes par jour x 215 jours de travail en moyenne, ça fait à peu près 50h par an !!

Certains trains ont la palme, il y en a même un qui affiche 18% de régularité le matin…

Le soir c’est un peu mieux, on passe à 75% de régularité (on ne peut pas s’en satisfaire… si j’arrive à l’heure 75% du temps, mon patron ne manquera pas de remarquer les 25% restants non ?), mais 1 train sur 4 reste en retard…

En somme, les jours rallongent, et les trajets avec : j’ai peur pour le mois de juin !

 

 

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31 janvier 2013

En voiture Simone...

Nous connaissons tous cette voix, celle de Simone, qui est celle qui annonce les trains, les quais, quel train sur quel quai, quel train est finalement sur quel autre quai « contrairement à ce qui avait été annoncé »

Mais si Simone est une voix, elle a bien évidemment un visage, celui-ci :

Bon à savoir, Simone n’est pas agent SNCF, mais comédienne et si certains trouvent la voix de Simone douce et chaleureuse,  de mon côté, elle a si souvent été porteuse de mauvaises nouvelles, de galères à venir, d’annonces de retard que je dois bien avouer que, quand j’entends Simone (précédée du jingle la la la la), j’appréhende un tout petit peu !

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Je vous livre l’interview que Simone a donné à un magazine TV, à l’occasion de la diffusion, il y a quelques jours, d’un reportage sur les gares, sur France 3.

Qui n'a jamais entendu cette voix claire et chaleureuse, qui, dans tous les trains et les halls de gare, résonne de ses indications précieuses ? Entretien avec Simone Hérault, la voix de la SNCF, à l'occasion de la diffusion sur France 3 de La ville entre en gare.

 

Simone Hérault, trente ans que vous êtes la voix de la SNCF. Comment êtes-vous arrivée là ?

Par chance, car je ne crois pas vraiment au hasard. Un diplôme de secrétariat de direction ; un premier stage à Radio France, qui se transforme en CDI à Fip, où je deviens animatrice et commente, tous les jours et avec le sourire, l'évolution des embouteillages ; un casting de la SNCF, en 1981, où je suis choisie, avec une autre, pour enregistrer les annonces relatives aux trains qui entrent et sortent des gares... J'ose dire que c'est un parcours assez atypique, et que j'en suis drôlement fière.

Qu'a-t-elle de particulier, votre voix ?

Ce n'est pas tant dans la voix que les choses se passent, mais dans les intonations qu'on lui donne. Les gares, les trains, les horaires, les retards étant parfois sources de stress, la SNCF cherchait une voix bienveillante, amicale, capable de conduire et de rassurer. Une voix qui sourie. Ça n'a l'air de rien. Cela semble parfaitement naturel, mais c'est aussi un travail. J'ai récemment dirigé un atelier dans une maison d'arrêt où j'ai fait travailler des prisonniers sur le sourire, eux qui en ont tant besoin. Ils étaient, je dois dire, assez sidérés...


On dit que vous êtes une star auprès des cheminots...


Ils sont comme une autre famille, comme la radio l'a été pendant des années. Je suis connue de tous les cheminots, mais je ne suis pas « cheminote » et je suis la seule d'ailleurs dans ce cas. Cela fait-il de moi une sorte de mascotte ? Je ne sais pas, mais j'aime bien ce que je fais auprès d'eux et eux me le rendent bien. Et, lorsque je prends le train, je ris beaucoup en récitant mon propre texte...

Votre voix a-t-elle passé les frontières de la SNCF ?


Lorsqu'un metteur en scène de théâtre ou de cinéma a besoin d'une voix, on fait souvent appel à moi. Ainsi, ce matin, j'ai enregistré un message qui sera diffusé dans l'adaptation de L'Écume des jours par Michel Gondry. Et je chapeaute une compagnie, Lire autrement, consacrée à la lecture publique de textes littéraires.


A savoir


La voix de la comédienne Simone Hérault annonce les départs et les arrivées de tous les trains dans les 4 715 gares du réseau SNCF reliées par 30 000 km de voies ferrées. Chaque année, quelque 2 milliards de voyageurs transitent par les gares ou s'arrêtent dans les 180 000 m² de commerces qui y sont installés.

 

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