Après une semaine d’enfer, des trains en compo réduite, des retards à n’en plus finir, nous avons eu pour la première fois des trains à l’heure, hier soir et ce matin : 2 trains à l'heure, 2 contrôles.  La SNCF est tellement fière d’être incroyablement performante qu’elle a  l’audace de vérifier que son bétail de client respecte bien lui aussi sa part du contrat, à savoir payer !

Hier soir, arrivée à Creil, les contrôleurs nous attendaient à la sortie des escaliers, accompagnés bien évidemment de la SuGe.  Je suis désolée pour les agents SuGe avec qui j’ai échangé ces derniers temps, mais je suis ENCORE tombée sur un abruti… ça devient lassant.  Soit il y a un nid à Creil, soit j’ai réussi à avoir un échange avec les seuls agents de la SuGe équipés d’un cerveau en état de fonctionnement.

Les contrôleurs créent forcément un bouchon dans les escaliers en nous empêchant de nous en extraire pour contrôler nos précieux titres de transport. Je dégaine mon téléphone, et clic clac Kodak, je prends la photo suivante :

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Sauf que, comme nous sommes de grands délinquants, des bandits de grand chemin, de la graine de voyou qui osons vouloir rentrer chez nous à l’heure après une journée de dur labeur, doublée d'un trajet pour le plus souvent chaotique, il y a des agents Suge postés autour des escaliers, derrière vous, en hauteur pour vous surveiller (tout en haut à gauche de la photo). Et comme je ne marche ni avec le nez en l’air, ni avec des rétros, je n’ai pas vu arriver le petit sournois au-dessus de mon épaule :

-          Madame, vous savez que les photos sont interdites ? (alors d’abord, tu pourrais dire bonjour, bonsoir, hello, hi ou tout autre civilité d’usage quand on s’adresse à quelqu’un pour la première fois de la journée)

-          Non, ce qui est interdit, c’est de faire un usage public de l’image de quelqu’un sans son avis

-          Et vous allez en faire quoi ? (en fait j’ai été super tentée de lui répondre kessapeutfout’, mais je devais aller chercher ma fille, et entre passer un quart d’heure avec elle, ou perdre un quart d’heure à palabrer avec mon interlocuteur, j’ai bien vite fait le choix. Il aurait fallu que je lui explique que les photos amateurs étaient autorisées, que je lui fasse un cours sur le droit à l’image, toussa toussa…, tâche bien trop âpre pour un lundi soir)

-          C’est pour mon usage personnel

-          Et vous allez en faire quoi? (bis repetita)

-          Je collectionne les photos des agents de la SuGe (en tendant négligemment mon titre de transport au contrôleur qui s’est également abstenu de dire bonjour au passage)

J’aurais pu espérer que ma réponse lui arracherait une esquisse de sourire mais non, que dalle ! Le contrôleur s’est écarté, le Sugeman a fait mine de se diriger vers moi, il s’est retrouvé coincé par les usagers excédés qui voulaient rentrer chez eux, il a renoncé.

D’abord, ce n’est pas lui que j’ai pris en photo, ensuite il va falloir que quelqu’un explique à la SuGe qu’avec les smartphones, aujourd’hui, tout le monde photographie tout, tout le temps et que finalement, seul l’usage final compte, au nom d’un truc prévu par le code civil, qui s’appelle le droit à l’image. Que la SNCF tolère depuis longtemps les photos prises par des amateurs, parce qu’ils ont bien compris qu’avec le développement du numérique, ils n’y pouvaient rien faire de toute façon. Enfin, il n’a vraiment rien d’autre à foutre que de courir derrière quelqu’un qui vient de prendre en photo une foule de dos, de nuit, avec un smartphone et en mouvement (ce qui laisse présager de la photo de haute qualité !).

Vivement les prochains contrôles… pour peu que ce jour-là, le train soit en retard…