Je n’ai pas eu le temps en cette fin d’année dernière de vous raconter les dernières anecdotes vécues au cours du mois de décembre. Pour ma part, la période de noël me met en joie, j’aime les lumières qui scintillent, chercher le précieux petit cadeau qui fera plaisir à la personne que j’aime, le Christmas tea, les marchés de noël, décorer mon sapin etc. Bref, vous l’aurez compris, cela me met en joie, et du coup, je suis plus cool, et je regarde les autres avec un air parfois attendri, parfois goguenard.

En décembre les transports, les gens m’ont laissée interloquée, surprise, choquée ou amusée. Ils ont surtout réussi une parfaite démonstration, l’homme est un loup pour l’homme, et s’il parait que les loups se mangent entre eux, la réalité est toute autre.

loup-i_1_1

J’ai vu des actes d’une violence étonnante pour une simple histoire de strapontin entre deux nanas sans civisme et un mec qui a violemment craqué : un RER bondé, deux nanas qui refusent de se lever de leurs strapontins, un homme excédé de se faire marcher dessus, ce même homme qui leur demande de se lever, ces deux nanas qui l’envoient balader… et ce mec qui a craqué, qui en descendant du RER leur a collé une baffe chacune et s’est perdu dans la foule qui descend du train, sur fond sonore de nanas hystériques prêtes à tirer le signal d’alarme et qui subitement n’avaient plus assez mal au dos pour ne pas se lever.

J’ai vu plusieurs rames de métro éclater de rire simultanément un matin de galère, quand une petite dame antillaise, avec un accent à couper au couteau, a remis en place un jeune con qui lui parlait d’une manière inqualifiable : un métro blindé, des portes qui ne se ferment pas, un quai noir de monde. Toutes les têtes se tournent subitement dans la même direction, je coupe ma musique et écoute. Le silence se fait sur le quai et dans les rames. Un jeune homme horriblement impoli explique à une dame qu’elle ferme « sa gueule » et descend du métro parce qu’il n’y a plus de place. Loin de se laisser faire, avec son accent extraordinaire, la dame a répondu au jeune homme qu’elle n’avait pas de gueule mais une bouche, et que cette manière de parler le français devait faire que Victor Hugo se retournait dans sa tombe, provoquant à la fois l’hilarité des spectateurs et le mutisme le plus parfait du jeune homme. L’accent créole a donné toute sa portée à cette anecdote qui reste un des moments que j’ai préféré dans les galères de l’an dernier.

J’ai vu des hommes (et des femmes) suffisamment mal élevés pour laisser dans un train qui avait 3h de retard, une femme enceinte et une dame âgée assises par terre tandis qu’ils étaient assis dans un confortable fauteuil, à pianoter sur leur PC portable l’air totalement débordé qui semblait vouloir dire « mais nous sommes vendredi soir, il est 21h et si je n’envoie pas mon mail dans les 3 secondes qui viennent mon entreprise va couler et mettre 1000 personnes au chômage ! »

J’ai vu des gens assis dans le métro, qui jouissait d’un peu d’air et de place, râler après ceux qui étaient debout et tassés comme des sardines parce qu’une écharpe ou un bout de manteau avait effleuré leurs cheveux (là, j’ai eu envie de frapper !)

J’ai vu un contrôleur enguirlander une passagère qui n’avait pas pu ouvrir la porte du train et donc n’avait pas pu descendre dans la gare, avec une mauvaise foi et un aplomb qui réveillait les plus bas instincts.

J’ai vu suffisamment d’agressivité, d’incivilités, de sournoiseries, et de méchanceté pour me donner envie de reprendre ma voiture, me faire 3 heures de bouchons matin et soir et polluer.

En ce début d’année, les bonnes résolutions et vœux pieux sont d’actualité, alors espérons que 2012 apportera plus de joie et moins de fêlés !