Grand chelem !

4/5 : c’est le nombre de trains en retard que j’ai eu en retard le matin cette semaine. Je n’aurais été épargnée que lundi, et c’est parce que par chance, j’ai réussi à prendre l’un des très rares trains à l’heure. Et cerise sur la gâteau, j’étais assise ET au chaud ! Youhou !

Mardi, léger retard, debout !

Mercredi, retard, debout je crois mais je n’en suis même plus sure.

Jeudi, l’apothéose. La neige n’était plus là, remplacée par un froid polaire (-7 ° en plein vent)… 1h30 d’attente sur les quais, des trains, bondés au point de ne pas pouvoir monter dedans, et une arrivée au bureau à 11h.

Aujourd’hui, léger retard, voyage assise par terre dans le compartiment à vélos, sans lumière. J’ai eu l’impression d’être une passagère clandestine !

Les trajets du soir ne se sont pas trop mal passés, et ça c’était plutôt agréable de ne pas stresser pour la nourrice. Cela étant, ne nous réjouissons pas trop vite, je doute que ça dure.

Voilà pour le résumé. Je voudrais quand même faire un focus sur hier matin.

J’arrive à la gare vers 8h10, pour prendre au plus tard le 8h27. Je vous propose de suivre attentivement l’évolution du train 847906 (entre autre !) A l’arrivée je tombe sur ça :

1

La situation n’a pas manqué d’évoluer

2

Puis a continué de vivre sa vie…

3

Il est finalement passé en retard indéterminé. J’ai arrêté de prendre des photos, j’avais l’impression que j’allais perdre une phalange à chaque fois que j’enlevais mon gant pour tapoter sur mon téléphone.

Pendant que les écrans reprenaient leur liberté, les trains eux étaient retournés à l’état sauvage (un peu comme mes cheveux par temps humide Ndrl), ne répondant plus à aucune  règle. Ils sont passés aléatoirement, s’arrêtant parfois, parfois pas. Et quand ils s’arrêtaient, inutile de songer à monter à bord… certains auraient voyagé sur les marches extérieures d’autres sur le toit.

Telle une vache, les yeux vides (le froid ça tue tout, même les neurones), je me suis retrouvée le regard Sugien à regarder passer les trains. J’ai subrepticement réussi à penser, et me suis dit que finalement, j’aurais dû prendre le temps de donner le biberon à ma fille avant de partir plutôt que de la « jeter » chez la nourrice, son biberon dans le bec, emmitouflée dans son landau (c’est le problème des jeunes mères de retour au boulot, à la fois ravies de retrouver un peu de liberté d’adulte, et en même temps en terrible manque de leur progéniture cherie)

Malgré tout, j’ai quand même bien ri. La dérision prenant le pas dans ce type de situation, les usagers se serrant les coudes (au sens propre comme au figuré), cela provoque des situations cocasses. Et la proximité et promiscuité créées empêchent toute forme d’intimité téléphonique, c’est ainsi que nous avons été plusieurs à proposer à une dame de l’accompagner jusqu’à son bureau pour dire à sa boss, que OUI, il y a des problèmes à la SNCF (à condition que ladite boss nous prépare le café, faut pas déconner quand même). Et c’est aussi ainsi que j’ai pu rencontrer tout à fait fortuitement la jeune femme auteur du témoignage « de la gare fermée à Orry La Ville lundi soir sous la neige ». Ses précisions ont fini de me consterner : les agents ont fermé la gare mais ne sont pas rentrés chez eux… ils sont restés dans la gare à regarder les gens se geler et galérer dehors… « z’avaient pas le droit de laisser ouvert qui z’ont dit, sinon ils z’allaient avoir de gros problèmes (pire que ceux d’avoir une plainte pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui sur le dos ?)»

A noter, jusqu’à ce que la foule se décompacte un peu, nous n’avons pas vu le moindre agent SNCF sur les quais, ni même en train de fumer une clope (ce qui est pourtant fréquent). Terrés, apeurés telles des bêtes blessées, ils étaient cachés. On s’occupe comme on peut quand les trains ne circulent pas, et mieux vaut tuer le temps qu’un agent SNCF, c’est moins lourd pénalement…